« Fact Checking », quand le nez des politiques risque de s’allonger.



Alors que les candidats à l’investiture suprême rentrent progressivement en campagne pour dérouler leurs propositions, une nouvelle approche citoyenne risque de compliquer la tâche de nos bonimenteurs politiques préférés: « Le Fact Checking ».

Le « fact checking », que l’on pourrait traduire simplement par « la vérification des faits », est porteur d’une promesse importante dans les débats politiques qui s’annoncent, à moins 100 jours du 1er tour. Nucléaire, chômage, budget, défense… les sujets sensibles ne manquent pas et les approximations des candidats vont désormais faire l’objet de vérifications systématiques, pour démêler le vrai du faux.

Le « fact checking », c’est quoi?

Il s’agit d’un mouvement journalistique qui se base sur la notion de « data journalism », ou de « journalisme de données » en français. Hier, lorsqu’un politique énumérait des chiffres et des statistiques issues de données administratives non ouvertes, il était alors impossible pour le citoyen de s’emparer de cette information pour la vérifier. Aujourd’hui, avec le mouvement mondial d’ouverture des données publiques, il est possible pour tout un chacun d’exploiter ces dernières et de vérifier les faits énoncés par les politiques. Encore faut il être en mesure d’analyser les données.

C’est là qu’entre en scène le journalisme de données.

En France, contrairement aux Etats-Unis rompus à l’exercice depuis des années, des initiatives commencent à émerger timidement. Le blog des décodeurs par exemple, issu du monde.fr, Contrôle Technique de Rue89 ou encore le blog Desintox de Libération.fr décryptent les données pour les confronter aux arguments politiques. En plus de leur important caractère informationnels, ce côté « Il a dit / il a menti » est des plus réjouissants.
Cependant, les « Fact Checkeur » déplorent le manque de volonté des rédactions sur le sujet, par rapport aux quantités de données disponibles et d’assertions à vérifier. Ces dernières peinent à prendre le train en marche et relayent ce domaine au second plan, au profit d’analyses politiques de fond qui correspondent plus à une tradition éditoriale historique de nos quotidiens.

Quelle tradition journalistique justement?

Certains journalistes considèrent le « Fact Checking » comme un terme à la mode, un élément de « buzz » journalistique. Pour Laurent Mauduit de Mediapart et Luc de Barochez du Figaro, le « Fact Checking » est une composante du métier de journaliste depuis toujours. La vérification des informations et le croisement des sources a toujours été la condition sine qua non d’un journalisme objectif et de qualité, nonobstant la couleur politique des quotidiens concernés.

Permettre au citoyen une meilleure lecture des débats.

Pour tout ceux qui ne sont pas journalistes, ni directeurs de campagne, l’ouverture des données publiques représente une opportunité importante de s’inscrire dans le débat politique, de s’impliquer. Une nouvelle façon d’évaluer les candidats est en train d’émerger et l’échéance qui se présente nous dira si la chose a de l’avenir dans notre pays.

Plus de sources sur le sujet:

Le Fact Checking contre les boniments des politiques – Telerama

Le Fact Checking arrive doucement en France – Arrêt sur image

Le Fact Checking peine à s’imposer en France – Owni

Avec le Fact Checking, les mensonges des politiques démasqués – Les Inrocks

Vive le vent du fact Checking – La Fabrique de l’Info

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